C'est le dernier jour de l'année, quoi de mieux que de faire plaisir à ses amis en publiant des vidéos réclamées à corps et à cris ?
L'objet du jour est un appareil éléctronique répondant au doux nom de Monome. Pour faire simple : il s'agit d'un appareil qui permet de controler via un ordi des sons, morceaux, programmations, ainsi que des paramètres d'effets applicables à ces sons. Lorsque la bête est maitrisée elle s'avère intuitive, la musique au bout des doigts ... Développé par une société américaine, il vous faudra attendre un peu longtemps pour l'avoir, les modèles étant fabriquées par petites quantités, histoire de ne pas devenir une corporation mangeuse d'hommes. Bel esprit.
Dites bonjour au Monome :
Tehn est programmateur, musicien, démonstrateur et testeur pour la marque. Les 2 vidéos qui suivent le montrent en train de s'amuser avec le prototype du Monome.
Daedelus est un musicien electro qui a été un des premiers (le 1er ?) à faire du Monome son outil de composition et de live. Jamais une video ne pourra rendre compte de la classe qu'a ce type avec sa machine. Je l'ai vu et je n'en suis pas revenu.
Le trompettiste s'est éteint le 29 Décembre. Il aura commencé sa carrière aux côtés de Wes Montgomery pour ensuite jouer avec Eric Dolphy, Quincy Jones, Sonny Rollins, Art Blakey, Herbie Hancock ... belle liste.
On le retrouve en 1975, en pleine fusion des genres avec Stanley Clarke à la basse, Chick Corea aux claviers, Lenny White à la batterie et le fameux Airto aux percussions, accompagné de son totem robot cymbales.
. C'est qu'ils nous feraient presque flipper les darons de Metallica. Au programme de leur nouveau clip : des scientifiques russes pendant la guerre froide, l'armée des zombies (enfin) de retour, pour terminer sur un labo mal fréquenté en plein Arkansas ... pas mal, pour celles et ceux qui supportent la chanson originale (8 minutes 57 c'est long quand on aime pas le heavy metal).
NB : Si le morceau vous insupporte voici une méthode quelque peu différente :
1. S'assurer qu'il est au moins 21h. Dans le cas contraire fermez les fenêtres (ou les yeux si vraiment vous êtes adepte des sensations extrêmes).
2. Les horaires et les collègues de bureau sont incompatibles avec cette vidéo.
3. Si minuit est passé, merci de ne rien manger et évitez tout contact avec de l'eau, vous me remercierez plus tard.
4. Baisser le volume du player DailyMotion.
5. Lancer la video.
6. Lancer dans la foulée le mp3 ci-joint.
MARC LECLAIR aka Akufen : musiques pour 3 femmes enceintes, 1er jour.
7. N'en profitez pas pour en rouler un, de joint. A contrario vous pouvez profiter du plein écran, les pixels c'est magique.
8. Approchez votre visage le plus près possible de l'écran jusqu'à totale insupportabilité de la chose.
9. Entre 8:07 et 8:20 vous pouvez remonter le son de la vidéo, la musique métallique est terminée et laisse place à des commentaires qui égaieront parfaitement la musique servant d'accompagnement.
10. faites de beaux rêves.
PS : Le port d'un casque finement vissée sur vos oreilles est un plus non négligeable.
Après le succés de son quatrième album, Like Water For Chocolate, le rappeur Common décide d'aller là où personne ne l'attend et sort son disque malade : Electric Circus.
Orné d'une pochette chorale, Electric Circus annonce clairement sa différence. Pas de poses frontales ni noir et blanc arty, le visuel coloré réunit tous les acteurs de la vie du rappeur ainsi que nombre des collaborateurs du disque. On trouve pêle-mêle Erykah Badu (alors sa compagne), Jay Dee, Cee-Lo, ?uestlove, Q-Tip, Pharrell Williams, Prince ... au total pas moins de 85 personnes sont réunies à la manière d'un Sergent Pepper.
Common est à l'époque en pleine ébullition créative (nous sommes au début des années 2000) : il se désinteresse du hip hop tel qu'il l'a exploré jusqu'ici pour mixer à sa façon un doux parfum psychédélique, teinté de rock décalé et drogué(Aquarius), jazz ragtime (le fabuleux I am Music avec Jill Scott en featuring vocal) et refrains pop que n'aurait pas renié The Divine Comedy (New Wave et sa mélodie cristalline qui a du laisser perplexe plus d'un fan). Soul Power le deuxième titre est une tuerie intersidérale : un beat lourd, rapide et répétitif, accompagné d'une basse shuffle du troisième millénaire, ponctué de claps et d'un synthé spacial.
Mention spéciale aux producteurs : la fine équipe des Soulquarians. Menés de main de maitre par ?uestlove le batteur des Roots, ils ne se fixent aucune limite et prennent un malin plaisir à dévier des codes habituellement usités : percussions afro, trompettes sautillantes, planeries deep, boogie futuriste, l'album est une orgie païenne doublé d'un voyage sur Mars à bord d'un Land Rover monté sur coussins d'air.
Certes tout n'est pas parfait au final, certaines demi-réussites empêchent le statut de classique absolu. Mais en cherchant des pistes inexplorées, en se remettant en question et surtout en étant intègre et généreux, Common propose un disque ovni, exigeant, parfois déroutant mais souvent jouissif, en atteste ce titre, Jimi was a rock star. En duo avec Erykah Badu (à qui l'on a reproché la "mauvaise" influence qu'elle aurait pu exercer sur le rappeur à l'époque ... le monde est si cruel), Common nous fait grimper dans la stratosphère pendant plus de 8 minutes en rendant hommage à sa façon au gaucher le plus célèbre de tous les temps : "Jimi lives in a purple haze, in a psychadelic maze".
Malgré son ambition clairement affichée, Electric Circus sera considéré comme un suicide artistique et l'échec commercial qui suivra fera revenir le rappeur vers des territoires plus cadrés. Il entamera une collaboration avec Kanye West sur les albums Be et Finding Forever (plutôt réussis), puis Pharrell Williams produira son dernier disque en date, le très moyen Universal Mind Control, gavé de synthés tendance et poses chics.
14.12.08
ONE-MAN BAND
Ils font tout le boulot tout seul et ils le font bien : galerie de freaks, preuve à l'appui.
PROFESSOR GIZMO : Inclassable et inénarrable, le professeur prodigue des cours qu'on aurait pas envie de sécher.
ANDRE DURACELL : Veritable Atari ST humain, André Duracell nous replonge en plein coeur de Demonoid et Star Avenger, armé d'une simple batterie et de mélodies pré-programmées qu'il déclenche en live, note par note et ce grâce à des capteurs placés sur sa batterie : les fameux triggers.
KING AUTOMATIC : Sa winchester bien chargée, ce nancéen vous invite à sa partouze rockabilly post-électronique... A découvrir de plus près sur son myspace.
DIVINCI : Big up à Cristalo pour cette découverte complètement hallucinante : Di Vinci invente le batteur du troisième millénaire. Incroyable.
BOB LOG III :"Bob Log the third, one-man band, Tucson, Arizona. Heyeeeh! Lemme introduce the band to ya. On cymbals, left foot. Over here on the bass drum we got right foot. Shut up! This is my left hand that does all the slide work, right hand does the pickin'. My mouth hole does most o' the talkin'. And you're looking at my finger. My finger is an asshole." Bob himself, on stage.
JORD PECK : Pour croiser la route de Jord une seule solution : un voyage chez l'Oncle Sam. Aux dernières nouvelles Jord aurait chopé un rhume à force de crier.
John Schooley and HIs One Man Band : OUI, j'ai un faible pour les musiciens qui font poum-tchak, grattent les trois mêmes accords sur une guitare crasseuse et ont un vocabulaire qui se limite à Mississipi, Devil, Woman. Ooooh Yeah.
Emission emblématique des années 90, Nulle Part Ailleurs invitait quasiment tous les soirs un artiste à se produire en live. Certains d'entre eux sont visibles sur le tube, merci notamment aux numérisateurs de VHS, certaines séquences restent totalement introuvables. Selection.
LAURYN HILL// DOO-WOOP
Après le triomphe Fugees, Laurène Colline revenait en solo mais bien accompagnée : moment de grâce perdu à tout jamais, la belle semblant ne plus vouloir sortir de sa tour d'ivoire.
NIRVANA // DRAIN YOU
Recevoir Nirvana sur un plateau télé en 94 c'était un peu la grande classe. Le trio devenu quatuor pour la tournée In Utero est tellement dans un bon jour qu'ils joueront 3 titres. A noter la panne de guitare de Kurt Cobain au milieu du titre ... pas grave un cri primal fera l'affaire ...
CATPOWER // NUDE AS THE NEWS
Chan Marshall à ses touts débuts, époque minimaliste et écorchée. Accompagnée du batteur de Sonic Youth, complètement habitée par sa chanson, elle nous emmène loin, très loin. Depuis elle a fait son chemin dans un registre un peu plus académique, perdant ses fans de la 1ère heure (tant pis pour eux) mais parvenant toujours à se renouveler.
JEFF BUCKLEY // HALLELUJAH
Septembre 1995, Jacques Chirac tout juste élu a la bonne idée de relancer le programme d'essais nucléaires dans le Pacifique. Quelques jours plus tard Jeff Buckley est invité à jouer sa version d'Hallelujah sur le plateau de Canal. Il commencera par un speech à ce sujet pour ensuite emmener le morceau à un degré de beauté inouie. La qualité totalement dégueulasse de la vidéo confère à ce live un caractère quasi mystique, magique, intemporel ...
PJ HARVEY // DOWN BY THE WATER
Lorsque j'arriverais en enfer je veux être accueilli par PJ. Sa beauté venimeuse mélangée à ce morceau sorcier pénetre les sens sans demi-tour envisageable ... Peace.Love.666.
DIONYSOS // COCCINELLE
Attention ! video dégueulasse, image pourrie, couleurs absentes, cadrage capricieux ... mais ca tue ! Les Dionysos ont toujours été des bêtes de scène, on les retrouve ici à la sortie de Haiku ... ca donne envie de sauter sur un trampoline en plein milieu du space mountain, sous la neige de préférence ...
JON SPENCER BLUES EXPLOSION // HIGH GEAR_TALKIN'ABOUT THE BLUES
Deux guitares, une batterie et un chanteur qui se prend pour l'incarnation de James Brown et Iggy Pop à lui tout seul, le Blues Explosion est en ville et ca fait mal ! Lecon de rocknroll en 10 minutes, ils retournent le plateau.
IGGY POP// LOUIE LOUIE
Le passage où Iggy se moque gentiment du public tout mou est à mourir de rire.
RADIOHEAD // MY IRON LUNG
Habitués du plateau , les Radiohead sont venus au moins 5 fois. Je vous épargne Creep avec Thom Yorke dont la coupe de cheveux le rapprochait d'un croisement entre Rod Stewart et un yorkeshire pour cette énorme version de My Iron Lung.
. Blur viennent de confirmer leur retour pour 2009, retour d'autant plus enthousiasmant que Graham Coxon sera de la partie. Le guitariste avait quitté la formation en 2002 ne supportant apparemment plus Damon Albarn, pour se consacrer à une carrière solo que l'on qualifiera de, euh ... charmante pour rester poli. Un show à Hyde Park est d'ores et déjà prévu pour le mois de juillet, reste plus qu'a se mettre un nouvel album entre les oreilles ...
En attendant de voir à quoi ressemblera Blur cette année (retour à 4 pour une formule pop archi efficace comme à la grande époque ? un backing band renforcé pour coller aux facettes plus progressives du groupe ?) chevauchons la DeLorean , direction 2000 pour une des denières apparitions live de ce cher Graham, dont la guitare noisy fait du bien. A noter le gimmick "Tony Allen's dancing" annonciateur des experimentations sonores de sieur Albarn.
Les drogues des années 80 c'était quand même autre chose que maintenant. Celui ou celle qui me fournira ne serait-ce que l'embryon d'une information concernant ce groupe sera une personne heureuse en 2009.